Edito

2019 : Une rentrée sans confiance

Pour la FEP CFDT Bretagne, l’année 2018/2019 n’a pas été de tout repos. 612 000 élèves viennent d’effectuer leur rentrée dans l’Académie de Rennes. Parmi eux, environ 242 000 sont inscrits dans un établissement privé sous contrat de l’Education Nationale ou de l’Enseignement Agricole.

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Dans le réseau des établissements catholiques, l’enseignement est assuré par 16 500 professeurs, suite au retrait de 127 postes par le Ministère à cette rentrée. En moyens purs d’enseignement, cela représente 15 000 équivalents temps pleins (ETP)  en emplois, complétés par  un peu plus de 1 000 ETP sous forme d’heures supplémentaires. Ce dernier chiffre est un véritable non-sens en termes d’emplois, de conditions d’exercice du métier et d’accompagnement des élèves. C’est une réponse honteuse du ministère à la nécessité d’offrir aux enseignants un salaire décent.

D’un point de vue technique, la rentrée s’organise sans dysfonctionnements majeurs. Chaque acteur s’active pour accueillir au mieux les élèves. Il manque quelques enseignants dans certaines disciplines, mais dans d’autres spécialités, des collègues maîtres délégués espèrent aussi obtenir un emploi.

Cette rentrée 2019 s’avère plus stressante que les précédentes pour le corps enseignant. La mise en œuvre de réformes mal préparées et qui ne répondent pas aux attentes complexifie le travail des enseignants. Non seulement des programmes changent, mais aussi des organisations, des modalités, le tout avec des injonctions loin d’être toujours pertinentes. La loi sur l’Ecole, la refonte des filières en LEGT, la reconfiguration totale de la voie professionnelle peuvent, à juste titre, inquiéter. C’est d’autant plus difficile à accepter lorsque cela ne fait pas sens.

Bousculée l’an dernier, JM Blanquer rentre de vacances avec un discours apaisé, espérant retrouver un zeste de confiance.  Mais, en spécialiste du double langage, il ne fait guère illusion. Annoncer, par exemple, qu’une augmentation des salaires de 300 € en 2020 est un pas en avant  illustre bien cette compétence inadaptée du ministre. En effet, ces 300 € brut annuel ne sont qu’une moyenne et certains en seront exclus. De plus, cette mesure émane du dispositif PPCR voté sous le quinquennat précédent alors que le gouvernement actuel n’a fait qu’en retarder l’effet !

La reconnaissance du travail effectué et des efforts supplémentaires pour s’adapter aux exigences des réformes doit se concrétiser par des décisions claires devant apparaître dans le projet de budget 2020, préparé en catimini actuellement. Nous attendons des décisions ambitieuses en termes d’emplois, de résorption de la précarité, de salaire, de formation initiale et continue, de droits syndicaux et d’instances de concertation. Le retour vers une certaine confiance en dépend.

Les sujets transversaux, au niveau national, ne manquent pas : réforme des retraites, transformation de la fonction publique, réforme de l’assurance chômage… La CFDT, force de propositions, y travaille en collaboration avec de nombreuses associations dans le cadre du pacte du pouvoir de vivre.

Dans nos établissements, au delà des sujets généraux et de la complexité des tâches du quotidien, nous mettrons l’accent sur l’organisation du travail pour le simplifier, la mise en place des Comités Sociaux et Économiques et la Négociation Annuelle Obligatoire des salaires de droit privé partout où cela doit s’effectuer.

 

Bonne rentrée scolaire !

Bernard Le Page



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