Edito

La FEP-CFDT s'insurge contre les conditions de la rentrée 2019

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En Bretagne, la FEP CFDT dénonce une réduction inadmissible des moyens d’enseignement. L’Académie de Rennes est celle qui se voit la plus ponctionnée dans le réseau privé sous contrat avec l’Etat. L’effort demandé apparait grotesque : 127 emplois sont supprimés dont 44,5 en 1er degré et 82,5 en second degré. 

Les LEGT vont être durement impactés, la réforme permettant d’y retirer 65, 5 emplois. Les LP  perdent aussi 16 emplois. Les collèges s'en sortent un peu mieux avec une hausse de 4 emplois,  mais avec des effectifs qui augmentent fortement.

L'augmentation du volume des heures supplémentaires obligatoires pour 2019 se chiffre à 50 « équivalent emplois ». Au total, les heures supplémentaires à effectuer correspondent à plus de 1 000 emplois sur l'académie, chiffre à mettre au regard d’une ressource humaine de 15 000 emplois réels. Les heures supplémentaires ne peuvent être utilisées en 1er degré, ni par les temps partiels et sont variables selon les établissements et les disciplines. Ce qui veut dire que ces heures seront effectuées, par contrainte ou par intérêt, par une minorité.  Face à des publics «  compliqués », les enseignants qui aiment leur travail ne peuvent effectuer  des heures en plus. Globalement, le recours accru aux heures supplémentaires dégrade la qualité du système éducatif. De plus, ce surcroît de travail imposé sonne comme un manque de respect vis à vis des enseignants dont les missions diverses rendent le métier de plus en plus chronophage et complexe.

La réforme des LEGT engendrent une perte drastique d'emplois. C'est une réforme, doux euphémisme,  peu concertée, voire bâclée qui arrive dans la voie professionnelle. Annoncer des nouveaux programmes au 1ertrimestre 2019 pour une mise en place en septembre révèle le manque de préparation et l'urgence avec laquelle le ministère veut imposer des changements profonds, cachant mal des objectifs budgétaires. Investir dans les drapeaux semble plus pertinent à M. Blanquer que de respecter les enseignants dans l’exercice d’un métier de plus en plus complexe. 

 LA FEP CFDT n’est pas, par nature, réfractaire aux réformes. Cependant, dans le cas présent, elle ne peut que condamner les choix ministériels.

En parallèle du surcroit de travail, le pouvoir d'achat baisse régulièrement. Avec le gel du point d’indice et le retard dans la mise en place du « PPCR », les signaux sont négatifs. Les évolutions de carrière sont minimisées par des contraintes non atteignables. Et, le nombre de précaires dans l'enseignement privé ne diminue pas .

Nous sommes inquiets quant à nos conditions de travail, nos rémunérations, nos emplois. Nous nous interrogeons sur le sens même de notre métier soumis à des injonctions contre nature. La colère gronde dans les salles de profs.

Jusqu'à quand accepterons-nous ce lent déclin de notre profession ?

Notre ministère bouscule, bouleverse tout en se faisant le champion de la communication. Mais un ministre se doit d’abord de ne pas détériorer le système éducatif à défaut de vouloir l’améliorer tout en écoutant et respectant les acteurs du quotidien que sont les enseignants. La politique éducative actuelle nuit  gravement à l’ avenir de l’Education dans ce pays. Chacun, parent ou enseignant, doit en prendre conscience.

Bernard Le Page



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