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Article publié le
15/10/2021

La FEP et le SGEN CFDT rencontrent les députés Gaël Le Bohec et Yannick Kerlogot

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Dans le contexte de l’élaboration du projet de loi de finance pour 2022 la FEP CFDT et le SGEN CFDT Bretagne avaient rencontré en Avril, les députés Gaël Le Bohec (Guipry-Messac) et Yannick Kerlogot (Guingamp), tous deux membres de la commission éducation de l’assemblée nationale. Une nouvelle rencontre a eu lieu le samedi 9 octobre, avant qu’ils ne soient amenés à voter le PLF 2022 à partir du 11 octobre.

L’objectif était, à nouveau, de pointer les difficultés, voire les contradictions, induites par les politiques, menées depuis plusieurs années, de suppression de postes et de transformation de postes en heures supplémentaires ; politiques justifiées, par le ministre, pour la première par la baisse démographique dans le premier degré et pour la seconde par le besoin de revaloriser les salaires.

 

Nous avons porté les constats suivants :

-        les suppressions de postes et la démographie : le second degré subit les suppressions de postes alors que sa démographie n’est pas en baisse (- 470 postes encore prévus pour la rentrée 2022 au niveau national) ;

-        les HSA ont de multiples effets pervers sur : les retraites, la sécurité sociale, l’égalité homme – femme, la capacité des enseignants à mettre en œuvre les attendus de la société et du ministre (individualisation, inclusion, orientation, outils numériques, place des familles, entreprises, ....., réformes, travail en équipe, ... la liste s’allonge presque quotidiennement). Leur nombre devient tellement important que pour faire face, le Rectorat complète des temps partiels par des HSA pour des néo-titulaires  et les chefs d’établissements sont tentés de ne pas accorder les demandes de temps partiel;

-        la charge de travail en constante augmentation : voir ci-dessus les attendus de la société et du ministre ; mais aussi le distanciel lors des confinements ou encore les missions du professeur principal alourdies en 2018, ... ;

-        les difficultés pour se former : dans le premier degré il devient très difficile de se former faute de remplaçant (ou alors sur temps de vacances ce qui alourdi la charge de travail), de plus en privilégiant la formation en ligne on empêche les échanges entre pairs qui font la richesse du métier ;

-        les zones rurales : les élèves sont plus souvent qu’ailleurs dans des classes multiniveaux et les jeunes enseignants n’y sont pas bien préparés ; au collège ou au lycée l’offre de formation disponible est réduite et les temps de transport important ; les jeunes ont des poursuites d’études très inférieures à la moyenne nationale ;

-        l’attractivité des métiers d’enseignants et d’AESH : le nombre de postulants aux concours est en baisse, il y a de grosses difficultés pour trouver des remplaçants, il y a des jeunes sans solution AESH, le nombre de démission est en augmentation ;

-        la revalorisation du métier : seuls les enseignants en début et milieu de carrière seront revalorisés. Il y a refus du ministre d’engager comme promis un plan pluriannuel de revalorisation.

Ce que nous retenons de ces échanges :

Tout d’abord que nous avons été écoutés et qu’il y a eu des échanges intéressants.

Sur le sujet des suppressions de postes en second degré, il a été admis qu’elles étaient en décalage de 2 ou 3 ans sur la démographie. Nous avons proposé de profiter de la baisse du nombre global d’élèves pour alléger les effectifs par classe.

Sur celui des HSA, elles étaient vues comme une chance pour les enseignants de pouvoir augmenter leur revenu, les effets pervers étaient peu pris en compte hormis le creusement des inégalités homme – femme auquel les députés étaient attentifs.

Sur le décalage entre les moyens donnés à l’école et les ambitions qu’on a pour elle, et en conséquence l’alourdissement de la charge de travail des enseignants, le sujet n’a pas pris, mais il n’y a pas eu contradiction non plus. Sur l’idée d’alléger les effectifs par classes, ils n’étaient pas trop d’accord soit parce que la Bretagne serait déjà mieux dotée que d’autres académies, soit parce des solutions pédagogiques innovantes seraient à privilégier.

Sur les difficultés pour se former, ils sont attachés à une liberté de choix de l’enseignant en matière de formation (50% au choix de l’enseignant et les 50 autres % seraient des formations institutionnelles qui pourraient être imposées). Mais ils ne se sont pas saisis du sujet « lien postes – remplaçants – surcharge de travail et possibilité de se former ».

Sur les zones rurales, la volonté de prendre en compte les inégalités sociales est mise en avant, la création des internats d’excellence est vue comme une réponse. Mais ces internats ciblent trop certaines zones et laissent aussi de côté la problématique des territoires ruraux à laquelle ils sont sensibles.

Sur l’attractivité des métiers, ils connaissent le sujet, mais rien n’est dit concernant la revalorisation des enseignants au-delà de l’échelon 9.

Nous avons insisté sur le fait de supprimer des postes est incohérent avec l’ambition affichée par le ministre pour l’école.

Nous avons rappelé qu’il y a trop de demandes d’adaptations continuelles, trop de réformes successives sans évaluation, que le manque de reconnaissance et de confiance engendrent une fatigue, des risques de burn-out chez certains de nos collègues et une amertume pour d’autres. 

Nous avons dit que les risques psycho-sociaux n’ont pas été pris en compte alors que la pandémie nous mettait en première ligne et que les métiers de l’humain nécessitent beaucoup d’énergie. Nous avons rappelé que nous ne disposons toujours pas de médecine du travail …

Nous avons conclu, en pointant  l’extrême fragilité,  la solitude et les risques d’implosion des collègues et que le sujet de  l’Education devait être au cœur de la campagne présidentielle.

 

Depuis ces entretiens nous remarquons dans l’actualité :

- Que la possibilité de faire des heures supplémentaires a été ouverte aux enseignants qui ont demandés des temps partiels. Nous ne comprenons pas cette logique, ces enseignants ont explicitement demandés à limiter leur temps de travail pour raison familiale, de santé, ou parce qu’ils sont aidant .... Cette demande est pour eux une soupape, elle est remise en cause. Encore une preuve que le métier n’attire pas puisque le ministère se voit obligé de proposer des HSA à des temps partiels, le vivier actuel d’enseignants étant insuffisant.

- Qu’Emmanuel Macron a convenu que sous son mandat la part de l’éducation dans le PIB a baissée de 6,8 à 6,6%.


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