Edito

Le coup de grâce de Blanquer : suppression de 1 800 emplois.

D’un point de vue purement technique, la rentrée en Bretagne s’est déroulée sans problèmes majeurs, comme d’habitude. Chaque acteur, à son niveau de responsabilité, joue pleinement son rôle. Les équipes pédagogiques et les personnels associés s’activent. Les chefs d’établissement, les DDEC, les Inspections Académiques et le Rectorat connaissent la musique. Certes, il manque quelques professeurs sur des services de faible quotité. Quelques problématiques de management pointent aussi ici ou là : des pressions ont été exercées sur des enseignants.

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Alors, pourquoi perçoit-on, dans les salles des profs, une certaine inquiétude ? Atténuée par la charge de travail de septembre, elle pointe pourtant régulièrement dans les discussions. Excellent communicant, parfois magicien, notre ministre prône la confiance. Il sait s’adresser avec pragmatisme et autorité aux citoyens, s’appuyant plus que de raison sur une mesure réussie mais fort limitée : le dédoublement en CP.  Cependant, les plus avertis restent dubitatifs. Même des inspecteurs et des chefs d’établissements se demandent avec inquiétude comment faire face à «  cette tripoté de réformes » d’un ministre qui avance « en courant plus qu’en marchant ». En voulant être plus jupitérien que Jupiter, ne nous conduit-il pas vers un avenir plus qu’incertain ?

Dans l’inventaire à la Prévert des déclarations ministérielles, notons la  suppression de 1 800 emplois, la diminution des postes aux concours, les évolutions de programme non concertées à l’Ecole et au Collège avec des évaluations imposées, la réforme du lycée intégrant une baisse conséquente des moyens d’enseignement, la réforme de la voie professionnelle qui fragilisera les Lycées Professionnels en offrant l’apprentissage aux organisations patronales…. sans oublier le  gel du point d’indice et la « non application » des évolutions du PPCR en 2018, malgré une inflation qui repart à la hausse !

 Assommés par les injonctions contradictoires, ballotés entre les discours et la réalité du terrain, englués dans le flou des réformes potentielles, les enseignants s’impliquent avec professionnalisme, mais à l’impossible nul n’est tenu. Qui plus est, en supprimant des emplois, en surchargeant les classes et en demandant de travailler trop pour gagner à peine plus, le ministre peut-il encore déclarer que « le pays va bien et aime ses professeurs » ? Les évolutions nécessaires du système éducatif doivent se construire dans la transparence avec les enseignants, pas contre eux. Cette méthode de gouvernement, source de découragement  et de démotivation, interdit tout optimisme et pourrait s’avérer hautement destructive.

A  deux mois des élections dans la fonction publique, il est fondamental de se serrer les coudes et de porter nos valeurs et nos convictions sur le système éducatif. Cela nécessite la mobilisation de chacun d’entre nous.

Bernard Le Page



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