Edito

L’après nous appartient !

Comme la plupart des autres pays, la France n’était pas vraiment préparée à faire face à une telle épidémie.

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Dans un sens, on pourrait se dire que cette situation était aussi inattendue qu’inédite. Mais, à mieux y regarder, c’est plutôt un aveuglement général car les épidémies ont toujours surpris les peuples et les surprennent encore, loin de chez nous ! 

 

Ce qui semble le plus déroutant, ces dernières semaines, ce sont les prises de paroles  évasives, erronées voire mensongères des dirigeants. E. macron donne l’impression d’écrire des discours pour la postérité sans se soucier de ceux qui les écoutent. Quant à ses ministres, les contradictions, les approximations, les erreurs frisent l’amateurisme ! Tout cela n’est guère rassurant…

 

Les dysfonctionnements de la société sont également devenus insupportables : les réformes pensées à Bercy s’avèrent dangereuses et profondément inappropriées  dans un Etat –providence !

 

Il y a quelques semaines de cela, il était de bon ton de tirer à vue sur les fonctionnaires : il fallait réduire la voilure, les mettre au travail, supprimer leurs privilèges…. sans trop se préoccuper des retombées sur le fonctionnement même de la société. Ces discours démagogiques participaient au dénigrement habituel et inconséquent de la fonction publique!  Mais, aujourd’hui, le confinement et le déconfinement jettent un autre regard sur ce qui fonde la société.  Le travail des fonctionnaires n’a pas cessé, s’est même amplifié : la santé publique, la sécurité, l’éducation…. Ces missions sont « devenues » nécessaires, tout simplement ! Et, il en va de même pour tous ceux qui exercent les « métiers du quotidien », mal considérés donc mal payés mais si nécessaires pourtant. Le discours « jadis » destructeur, stigmatisant, est aujourd’hui lénifiant. Les premiers de cordée chers à E. macron n’étaient pas ceux qu’il citait. Les injustices, les carences et les fautes ont été énumérées à l’infini. Mais, que restera-t-il de tous ces remerciements, ces reconnaissances si rien ne change vraiment…

 

En effet, le déconfinement et donc la reprise du travail incitent certains à proférer des   propos honteux et des exigences indécentes. Il serait plus digne de considérer dès à présent les leviers à utiliser pour construire ensemble un avenir meilleur. Il faut impérativement donner du sens à ce que nous vivons pour nourrir une société plus fraternelle, plus égalitaire, plus respectueuse des hommes et de l’environnement. Nous avons la nécessité de repenser, de réhabiliter  l’Etat-providence afin que ce ne soit plus une coquille vide !

 

Dans ce contexte, la reprise des cours en primaire et collège dans le cadre du déconfinement progressif est loin de faire l'unanimité d’autant que le Conseil Scientifique s’était prononcé pour une reprise en septembre

Alors que dire du  très long protocole sanitaire aux nombreuses propositions « hors- sol »? Il  faut bien se rendre à l’évidence, notre ministre est toujours aussi arrogant et ses  injonctions révèlent autant son manque d’empathie que sa méconnaissance du terrain.  A l’heure du déconfinement,  en donnant aux parents la  liberté de mettre ou pas leurs enfants à l’école et en demandant aux élus de  mettre en œuvre les conditions d’accueil des élèves, le gouvernement impose et « en même temps » se met en retrait.  Il  laisse parents, élus et enseignants se débrouiller ensemble.  Dans la plupart des établissements, la reprise quand elle aura lieu se déroulera correctement. Et, dans certains, on sera confronté « aux petits pouvoirs » qui imposeront, au-delà des préconisations, du stress supplémentaire. C’est pourquoi une reprise du travail ne peut s’envisager que dans le respect de chacun ! N’oublions pas que nous ne sortons pas d’une période de vacances mais d’une continuité pédagogique inédite, chronophage et épuisante ! A bon entendeur !

 

Prenez vraiment soin de vous !

 

Pascale Guiguen

 

 

 



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