Edito

La sortie de crise : quand et comment ?

Dans un paysage social en crise, marqué par le conflit des gilets jaunes l’hiver dernier, puis maintenant, par l’opposition radicale de ceux qui jugent le projet de réforme des retraites mauvais par essence, la logique de l’affrontement s’installe.

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Cette dualité simpliste s’explique aussi par l’amateurisme du gouvernement incapable d’écouter les partenaires sociaux pour présenter un projet de loi clair et conforme aux objectifs de justice sociale initialement énoncés. La cristallisation de ces tensions nuit gravement à la démocratie, au vivre ensemble et à la construction d’avancées sociales significatives. Le paradoxe s’avère total quand ceux qui réclament le retrait du projet défendent un système moins juste que ceux qui en acceptent le principe mais négocient ses modalités. En effet, et c’est confirmé par nombre d’experts dont Thomas Piketti, les effets seront plus redistributifs et réduiront les inégalités. Problème à régler : les dérives gouvernementales empêchent, entre autres, une prise en compte suffisante des carrières longues, de la pénibilité ou de la progressivité de la retraite dès 60 ans et d’un maintien réel du départ à 62 ans.

Dans ce contexte ubuesque de combats de coqs, la détermination de la CFDT qui porte, depuis longtemps, un projet construit avec des revendications précises pour plus d’équité, s’avère fondamentale. Certes, le positionnement se révèle complexe à expliquer car l’heure n’est pas à la confiance envers un gouvernement qui avance en serpentant sans hauteur politique. Être inflexible sur les modalités est impératif pour une CFDT qui, dans ce cadre, a besoin de toutes ses forces pour être comprise dans ses intransigeances, pour amender l’avant -projet. Il faut permettre aux plus modestes de sortir gagnants dans la logique du « pacte du pouvoir de vivre ».

Pour le système éducatif particulièrement mis à mal depuis 2 ans, le mal-être est profond. Réformes au pas de charge et injonctions contradictoires, décisions non financées, surcharge de travail exponentielle, revalorisation salariale et pouvoir d’achat en berne, perte de sens et absence d’attractivité du métier : le constat est alarmant. Interrogé sur ces points, notre ministre, campé dans son arrogance et ses certitudes, cultive le déni des problèmes et continue à conduire le système éducatif sur des chemins hasardeux au lieu de s’interroger sur sa propre sortie. L’échec de sa politique s’exprime auprès des élèves, des parents, des enseignants et de l’ensemble des acteurs de l’Education et sa côte de popularité est en chute libre. Dans l’Education, comme dans la Santé, l’urgence pointe !

Dans les établissements, de nombreuses élections de CSE se sont déroulés ces derniers mois. Le dialogue social n’est pas naturel partout et nous déplorons quelques entraves malsaines dans la mise en œuvre de ces instances. Cependant, la FEP CFDT obtient aussi de très bons résultats. Quand des échanges construits et crédibles s’instaurent par la volonté des élus et l’implication de certains chefs d’établissements, les résultats sont probants dans l’intérêt collectif des salariés de droit privé, des enseignants et des directions.

C’est, avec cette volonté d’engagement, de réflexion et d’action à tout niveau, qu’ensemble, nous apporterons notre pierre à l’édifice d’une société plus humaine, responsable et respectueuse d’autrui et de son environnement.

Bernard Le Page



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