Edito

Le cadet de leur souci…

Depuis que moderniser signifie économiser, les gouvernements réforment en traquant la moindre dépense budgétaire.

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Une réforme qui va dans le bon sens est celle qui remplit les caisses de l’Etat, réduit les postes dans la Fonction Publique, ferme les services de proximité pour les regrouper en pôles déshumanisés mais informatisés, éloignés de ceux qui en ont besoin. 

Partout, en France, nous voyons des pans entiers de la société réclamer de la justice sociale ! Les digues de l’Etat Providence se fissurent et cèdent devant les exigences comptables : les hôpitaux, l’énergie, les transports, la police, les prisons, les aides financières, l’enseignement, etc… aucun service n’est épargné ! Le nivellement par le bas touche autant ceux qui y travaillent que ceux qui ont besoin des services de l’Etat.

Les alertes se font pressantes, alarmistes ; les dirigeants regardent ailleurs. C’est le cadet de leurs soucis car c’est au gré des calendriers électoraux que les réformes s’installent. Mais, alors, c’est quoi faire de la politique pour nos dirigeants ? Un outil pour être élu et se faire réélire ?… C’est ça leur ambition pour la France ? Nous qui pensions que la politique était l’affaire de tous et qu’une bonne politique se devait d’améliorer le quotidien de la population. Quelle naïveté ! 

En ce qui concerne notre champ professionnel, la partie est loin de nous être favorable. Jamais nous n’avons entendu autant d’enseignants s’interroger sur leur devenir professionnel…  Jamais l’épuisement n’a atteint si rapidement les enseignants et les personnels. Les sources d’épuisement se sont multipliées : surcroit de travail lié aux nouveaux programmes, obligation de concerter, accroissement des heures supplémentaires, multiplicité des tâches, multiplicité des publics, perte de sens de notre enseignement, suivi des élèves devenu pitoyable et incertitude désolante des examens… Et nous ne sommes que dans le premier trimestre des réformes. Le meilleur est à venir ! Et, cette perspective renforce notre harassement. 

Combien faudra-t-il de suicides, de burn-out, d’arrêts de travail pour que le ministre de l’Education se sente concerné ? Rassurez-vous, pour M. Blanquer, tout ça, c’est le cadet de ses soucis. Il est certain que Ses réformes sont ses plus belles réussites ! 

Afin de construire une action revendicative, nous vous proposons de partager nos expériences, nos idées. Que chacun puisse transmettre aux syndicats FEP CFDT de Bretagne, ses constats, ses difficultés, ses revendications. En particulier, celles qui émanent de la mise en œuvre des réformes.

Au plaisir de vous lire ou de vous retrouver dans les réunions départementales !

Pascale GUIGUEN

 



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