Edito

Le dialogue social dans l'enseignement : masqué ou bâillonné ?

Nous vivons une période, depuis 6 mois, où chacun ressent cette angoisse des informations et injonctions, souvent contradictoires, qui ne cessent de se multiplier à une vitesse infernale.

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De la part du ministère, au niveau académique, dans nos propres établissements, des directives pleuvent sans que nous en ayons été, bien souvent, ni préparés ni informés.

Les protocoles se succèdent les uns après les autres, distribués toujours au dernier moment.

La rentrée de novembre a été la goutte d'eau avec l'hommage à S. Paty tronqué et le renforcement du protocole sanitaire complètement irréaliste.

Nous sentons bien qu'à tous les niveaux le dialogue n'est plus à l'ordre du jour.

 

Le « Grenelle de l'éducation » en est l'un des marqueurs frappants : 

Des personnalités ( proches du gouvernement), des intellectuels président les 10 ateliers.

Où sont passées les organisations syndicales ? 

Écartées de ces échanges, elles sont délibérément mises sur la touche, le ministère ne leur laissant que quelques miettes pour avoir « bonne conscience ».

 

Au niveau académique, le CAEC ( comité académique de l'enseignement catholique) en lien avec le rectorat, a fait des choix sans consulter les représentants des enseignants, ni même leur présenter leur plan en toute transparence. Quand les instances ne jouent pas le jeux du dialogue social ce sont les enseignants qui sont lésés, voire déconsidérés. Ce fut le cas l'an dernier pour les professeurs documentalistes qui ont perdu 11.75 postes. Nous espérons, nous l'avons sollicité, que le dialogue permettra cette année d'éviter des plans couperets pour les professeurs documentalistes et les professeurs des écoles à la rentrée prochaine.

 

les enseignants de l'agricole ne sont pas mieux lotis. Les employeurs ont dénoncé unilatéralement la convention collective et ont, depuis, été incapables de présenter un texte acceptable.

 

Du côté de nos établissements, la rentrée de Toussaint s'est trop souvent faite sans consultation des CSE, les directeurs préférant tout gérer avec leur conseil de direction et annoncer leurs décisions déjà entérinées. A cela s'ajoute les nombreuses écoles du 1er degré qui n'ont ni espace de dialogue social ni CHSCT. 

La nouvelle possibilité de dédoubler des classes de Lycée et de revoir une organisation plus sûre au niveau sanitaire, s'est souvent, elle aussi, réglée pendant le sacro-saint conseil de direction...

N'est-ce pourtant pas le moment opportun pour créer ou recréer un climat de dialogue social de qualité dans les établissements scolaires ?

 

Laurent Berger a déclaré le 14 novembre : «  Notre pays subit une crise sociale, une crise économique, mais, je crains aussi, une crise démocratique »

Une étude récente de la Dares ( direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) au ministère du travail a rendu une enquête très intéressante le 3 septembre dernier.

Lorsqu'un « dialogue social est constructif, il affecte de manière significative et positive la productivité des entreprises françaises en moyenne de 2,7%, à l'inverse un dialogue social informel la fait baisser de 6,6% »

 

M. Le Ministre, Mmes et Mrs les responsables de l'enseignement privé, Mmes et Mrs les chefs d'établissements, redonnez du sens au dialogue social, respectez les élus et votre CSE. Chacun s'en portera mieux et travaillera dans de meilleures conditions, plus sereines et plus sûres.

 



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