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Article publié le
12/12/2019

Réforme du baccalauréat. La FEP-CFDT porte ses revendications au rectorat

A la demande de la FEP-CFDT, un groupe de travail sur le bilan de la réforme du baccalauréat a été convoqué au rectorat lundi 9 décembre, avec le secrétariat général d'académie, la division de l'enseignement scolaire, et les doyens des inspecteurs.

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 Au cours de cette réunion, pour laquelle la FEP-CFDT avait ses 4 représentants CCMA présents (Isabelle Guégan, Youenn Le Ret, Sylvie Hernot, Bernard Le Page), un échange constructif a eu lieu sur les ressentis des collègues que nous avons fait remonter, sur les modalités d'application somme-toute encore très floues, et sur la souffrance au travail que cette impréparation occasionne.

 

En introduction, le rectorat a présenté un bilan statistique des inscriptions pour cette 1ère cohorte. L'académie de Rennes compte ainsi 26 900 élèves inscrits dans le privé sous contrat, et 72% d'entre eux sont en filière EGT (taux supérieur dans le privé par rapport au public). En 1ère générale, le choix des math est assez écrasant, 72% des élèves ayant fait le choix de cette discipline. Fait marquant, ce sont les enfants issus de professions et catégories socioprofessionnelles les plus élevées qui font le choix de cette discipline, reproduisant ainsi les schémas culturels. En corolaire à cette situation, les lettres attirent majoritairement les élèves issus de professions et catégories socioprofessionnelles moins favorisées, créant ainsi une fracture entre ces 2 pôles disciplinaires. Le schéma se reproduit concernant la répartition par répartition filles-garçons : les filles sont globalement plus littéraires que les garçons, ces derniers ayant une plus grande propension à se tourner vers les mathématiques.

 

Sur le choix des 3 enseignements de spécialité, on observe dans l'académie de Rennes une grande diversité : 39% des choix sont exclusivement scientifiques, et 25% mélangent économie, lettres et sciences, ce qui fait dire au rectorat que « les élèves se sont emparés de la diversité ». La Bretagne se distingue d'ailleurs, et fait partie des 4 académies proposant le plus de combinaisons aux élèves (274 triplettes cette année) ! Rien n'est moins sûr pour la classe terminale, où seuls 2 enseignements de spécialité devront perdurer... Réponse l'année prochaine.

 

Sur le plan statistique, l'Allemand a beaucoup souffert de la réforme, et fera l'objet de mesures de vigilance dans l'évolution de l'offre de formation. Mais d'ores et déjà se profilent les demandes d'ouvertures et de fermetures pour la rentrée 2020. Le gros de l'évolution touchera la spécialité NSI (numérique et sciences informatiques). L'enseignement de droit et grands enjeux du monde contemporain a été demandé par 38 établissements, sur 57. Leur ouverture est conditionnée à l'existence de ressource humaine suffisante et dûment habilitée (enseignement ouvert aux enseignants d'éco-gestion). Pour toute demande d'évolution du plan de formation, ce sont les établissements qui formulent les demandes, qui font alors l'objet d'un avis du corps d'inspection, précédant la décision du recteur.

 

A la suite de cette présentation statistique, la FEP-CFDT a remonté au rectorat les inquiétudes des collègues, qui souvent nous ont fait part d'un niveau d'information insuffisant sur la mise en œuvre de cette réforme.

Aussi, les E3C (épreuves communes de contrôle continu) sont l'un des points de crispation... Et pour cause, la banque nationale des sujets n'a ouvert que ce 9 décembre ! Le rectorat reconnaît que ce retard est « épouvantable », et relève du niveau ministériel, qui a tardé à s'emparer sur le plan réglementaire d'une réforme décidée elle aussi sur le tard...

 

Sur les modalités d'accès, les enseignants devront être habilités par le chef d'établissement pour consulter la base, qui continuera à être alimentée. Mais déjà, le rectorat nous assure que les sujets sont opérationnels pour ce 1er groupe d'épreuves. Les élèves seront ainsi convoqués par Cyclade, pour un bloc d'1h30 à 2h00. Les copies seront scannées et redistribuées par une autre application, Santorin. « Il n'y aura aucun risque que les enseignants corrigent leurs propres élèves », nous assure-t-on, car en cas d'effectif enseignant trop faible dans un établissement, les copies seront réorientées vers un autre établissement. Les corrections pourront s'effectuer de chez soi, et les notes et appréciations seront directement saisies sur Santorin. Afin d'éviter au maximum les consignes de « surévaluation » de certains établissement (c'était une crainte que nous avons exprimée), une commission d'harmonisation académique sera mise en place, par sujet et par discipline. Les correcteurs pourront également comparer leurs notes à celles d'autres évaluateurs, au-delà d'un certain nombre de copies corrigées. Enfin, il y aura possibilité d'être en lien avec un référent sur un forum, ouvert au public et au privé. La CFDT a fait part de son inquiétude sur le surcroît de travail engendré par ces corrections. Le rectorat, écoutant nos remarques, nous a fait répondu que le nombre de copies à corriger ne serait pas supérieur au nombre d'élèves, et que, « ça ne dépasse pas le nombre habituel de copies ». Nous avons montré notre scepticisme, d'autant qu'un autre élément de frustration s'ajoute, celui de la rémunération des correcteurs. Cet élément n'a d'ailleurs toujours pas été arrêté.

 

Nous avons également fait état du stress des collègues, du fait de l'impréparation pédagogique de cette réforme, notamment en enseignement de spécialisation.

La problématique des conseils de classe a été évoquée également, car très mal vécue par les collègues. Le rectorat reconnaît là aussi qu'il s'agit d'un véritable sujet, et qu'une réflexion doit avoir lieu au niveau national.

 

Avant de clôturer, nous avons tenu à aborder le lycée professionnel, et notamment la question de la co-intervention et du chef d’œuvre. Celle-ci rend complexe l'assimilation des notions, et entraîne un surcroît de travail. Le doyen des IEN-ET, présent, nous a certifié qu'il n'y avait aucune obligation que ces co-interventions aient lieu toutes les semaines. Elles peuvent avoir lieu par période, et selon lui, l'allègement des effectifs en enseignement général contribue à un confort supérieur pour les enseignants...Quant au chef d’œuvre, il convient de le voir comme un produit final. En début de formation, on peut simplement s’y préparer.

 

La FEP-CFDT a fait état de la réelle souffrance que provoquait cette réforme chez les enseignants, un certain nombre d'entre eux se déclarant épuisés de son fait dès le mois d'octobre... Nous avons mis en évidence le nombre d'arrêts de maladie inquiétants liés à la pression sur, notamment, les enseignements de spécialité et le niveau attendu, parfois très élevé.

 

Enfin, nous avons remis aux autorités académiques un document traduisant le ressenti des enseignants sur cette réforme et la pénibilité qu'elle entraîne. Si nous avons été écoutés, et que nos arguments ont été partagés, force est d'avouer que le rectorat navigue également à vue vis-à-vis de cette réforme ministérielle...

 

Retrouvez ici le document statistique de l'académie de Rennes 

 

Youenn Le Ret


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